L’élégance du hérisson

L’élégance du hérisson. Muriel Barbery.  Collection Folio  (Editions Gallimard). Lu par Christine.

Je viens de finir ce livre délicat et gourmand, et il faut que je vous en parle, vite, le temps où je suis encore sous le charme.
Vous avez forcément entendu parler de cette concierge un peu acariâtre qui cache derrière un aspect un peu repoussant une femme délicieusement lettrée et esthète. Vous en avez entendu parler quand le film « Le hérisson », avec Josiane Balasko, est sorti. Peut-être même l’avez-vous vu (le film). Moi, pas.

J’ai tout simplement été séduite par cette femme qui se décrit ainsi: « Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, un haleine de mammouth ».

Une petite fille de 12 ans habite dans son immeuble. Petite bourgeoise surdouée qu’une trop grande lucidité sur le monde des adultes a décidé à se suicider pour son 13° anniversaire.

Nous suivons ces deux destins à travers le journal intime de la petite fille et les réflexions de Renée, la concierge, dans un va et vient d’écritures parallèles.
Ces destins finiront bien entendu par converger, très tard dans le livre.  Je vous en laisse la découverte.

On a beaucoup glosé, en bien ou en mal,  sur la langue de Muriel Barbery (magnifique selon certains, ampoulée selon d’autres), sur la grande culture de cette inhabituelle concierge (« exquis raffinement » pour les uns, « fatras philosophico-culturel » pour d’autres).

Mais ce que j’ai ressenti dans ce livre, c’est avant tout DE LA GOURMANDISE. La gourmandise d’un gâteau partagé  avec délectation. La gourmandise d’un mot exactement adapté à son usage (ou, inversement, la colère devant une virgule mal placée, offense à notre langue, délicate comme une fine tuile aux amandes). La gourmandise d’observer les petits (ou gros) travers des occupants de l’immeuble pour lesquels elle est invisible. La gourmandise de découvrir une belle âme là où elle n’en attendait plus.

Alors, pour ces (trop courtes) heures de gourmandise, d’humour et de tendresse que Mme Michel m’a données, je lui pardonne (et à son auteur) ses quelques débordements mineurs autour de la philo (dont je me fiche et dont je ne sais rien) et autres réflexions quelquefois un peu trop verbeuses (*).

(*) Dans ce cas là, je « saute ». Quelle importance? « Sauter »  n’est pas mal élevé, « sauter » est permis!  Ne vous privez pas d’un plaisir sous prétexte que « cela ne se fait pas ».

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2 commentaires pour L’élégance du hérisson

  1. Je suis bien d’accord avec cette présentation gourmande du « hérisson » dont nous avons été nombreux à apprécier « l’élégance »dans le département du Cher

  2. LIVResse dit :

    En commentaire à mes dernières lignes:
    Les droits imprescriptibles du lecteur

    Le droit de ne pas lire.
    Le droit de sauter des pages.
    Le droit de ne pas finir un livre.
    Le droit de relire.
    Le droit de lire n’importe quoi.
    Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)
    Le droit de lire n’importe où.
    Le droit de grappiller.
    Le droit de lire à haute voix.
    Le droit de nous taire.

    Daniel PENNAC, Comme un roman.

    La première chose que nous avons affichée dans la médiathèque. La première chose que vous voyez en y rentrant 😉

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